Privilégiant l'expression artistique et l'humour aux opérations coups de poing, l'avocat niçois Olivier Arnaubec exprime ses revendications sur la profession, à travers ses chansons. Compositeur et interprète, il est aussi fondateur d'un syndicat local d'avocats. Portrait.
Entre deux mondes
Olivier Arnaubec est avocat généraliste, "comme tous les avocats niçois". Mais il nourrit aussi depuis l'adolescence une passion pour la musique et confesse qu'il aurait bien aimé faire carrière dans ce domaine. Fondateur et président du Mouvement des avocats indépendants (MIA) qui réunit près de cinquante adhérents, cet ancien président de l'Union des Jeunes Avocats de Nice, qui fut également membre du conseil de l'ordre, mêle ses envies artistiques à ses revendications professionnelles. Résultats : chansons, spectacles et pièces de théâtre autour du monde judiciaire... Et l'avocat commence à se faire connaître au-delà du cercle: "J'essaye d'écrire des chansons et des spectacles accessibles à tous, pas seulement au gens du milieu".
Sa dernière pièce de théâtre, " Le bâtonnier est une crapule", a rempli à deux reprises une salle de 250 places.
Un effet contagieux au sein du barreau
"Le rap du jeune avocat", "la chanson du JLD", "la chanson du procureur", "la reine du pénal" et son dernier single "RPVA rock", inspiré de la polémique sur le RPVA ... Attention, pour Olivier Arnaubec, tout est objet à chanson! A la faveur d'un nouveau studio d'enregistrement, il a même décidé de ré-enregistrer toutes ses chansons, avec ses complices de toujours, notamment les avocates Edith Faraut et Hélène Achache.
"RPVA, via Navista, qui que tu sois tu n'as pas le choix"
Dans "le rap du jeune avocat", Olivier Arnaubec dépeint la situation d'un jeune confrère dont la mince rétrocession le pousse à prendre des dossiers à l'aide juridictionnelle pour s'en sortir. Il ne peut espérer prospérer en matière commerciale, car il n'est pas du sérail. Et les "gros cabinets" sont désignés comme responsables de sa déconvenue.
Dans "RPVA rock", l'auteur revient sur le sujet brûlant du boîtier "RPVA, via Navista, qui que tu sois tu n'as pas le choix"...
Les magistrats ont aussi droit au couplet. Dans la chanson du JLD, ce dernier, complice servile du juge d'instruction (dont le MIA soutient d'ailleurs la suppression) devient juge de la seule détention, qui "envoie tous les suspects réfléchir dans le noir" - le juge de la liberté ne s'étant "jamais réveillé".
Prochaine étape, la réalisation de clips, à diffuser sur "You tube".
Pour les mordus de la revendication en chanson, deux titres en lien.