Rénovation de la souricière du TGI de Paris : "tip top"
Le secrétaire d'Etat à la justice, Jean-Marie Bockel, s'est rendu hier à la souricière du palais de justice de Paris "afin de constater" la livraison de la 1ère tranche des travaux de rénovation des lieux, dont l'état avait été vivement critiqué par un rapport accablant des avocats de la Conférence du stage.
Rénovation "tip top"
Accompagné d'une cohorte de journalistes, le secrétaire d'Etat à la justice, a visité hier, la partie de la souricière - où transitent les détenus écroués en attente de leur audience ou de leur comparution - dont la rénovation vient de s'achever. Une transformation qu'il a jugée "tip top" lors du point presse. Sur les 76 cellules de 3m2 que comptent le lieu, 25 ont été réhabilitées : revêtement neuf, sanitaires et peintures renouvelés. Des portiques devraient également être installés afin de limiter le nombre de fouilles, estimées à environ 5 par jour par détenu. Un sujet qu'il ne fallait pas évoquer hier, une responsable de l'administration pénitentiaire ayant glissé à la directrice des lieux, Sylvie Manaud, "s'ils [les journalistes ndlr] te posent des questions sur les fouilles, tu bottes en touches". La seconde partie des travaux devrait s'achever d'ici la fin de l'année.
Un sous-sol "indigne"
L'état de la souricière et du dépot de palais de justice de Paris avaient été violemment dénoncé par les avocats de la Conférence du stage en avril dernier (lire notre article du 27 avril). Dans leur rapport, ils qualifiaient les traitements "d'inhumains et de dégradants, constitutifs d'atteintes insupportables à la dignité humaine". Ils avaient, avec l'appui du bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris, Christian Charrière-Bournazel, réussi à obtenir plusieurs annulations de procédures de comparution immédiate sur ces motifs. Début juillet, c'était au tour de la Commission nationale de détontologie de la sécurité d'estimer que les détenus n'y étaient "pas traités avec dignité". Rachida Dati, encore garde des Sceaux, avait débloqué 1 million d'euros de crédits, s'ajoutant aux "1,7 millions déjà prévus" selon Jean-Claude Magendie.
Un dépôt invisible
Les différents rapports accablent davantage le dépôt du TGI, attenant à la souricière. Mais étant sous l'autorité de la Préfecture de police et donc du ministère de l'Intérieur, la visite organisée par Laurent Le Mesle, procureur général près la cour d 'appel de Paris, et Jean-Claude Magendie, premier président de la cour d'appel, s'est achevée sans qu'il ne soit possible d'y accéder. Jean-Marie Bockel a cependant assuré que "la moitié des cellules" du dépôt ont déjà été rénovées.