Près de 1% des cabinets d'avocats déposent le bilan
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Près de 1% des cabinets d'avocats déposent le bilan

Le chiffre se vérifie dans certains gros barreaux comme Lille ou Lyon, mais aussi à Paris. Sans statistiques nationales et peu de communication des barreaux, le sujet reste tabou. Pourtant, depuis 2006, le nombre de cabinets qui déposent le bilan est exponentiel : un rattrapage historique suite à la nouvelle loi de sauvegarde des entreprises.
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La faillite d'une ambition

"C'est terrible de se retrouver seule devant le magistrat sans robe d'avocat", témoignait une avocate, au contrôleur de l'Ordre du barreau de Lyon Maître Joly, qui l'accompagnait dans sa démarche de dépôt de bilan. Choc, traumatisme …. ouvrir une procédure collective est une véritable épreuve pour l'avocat qui s'engage dans cette voie. Soit c'est une décision personnelle après discussion avec son bâtonnier, eu égard au montant des dettes qui s'accumulent (de 40 000 à 300 000 € en moyenne). Soit c'est par assignation d'institutionnels tels que l'URSSAF, le Trésor Public, la CNBF, la Caisse Maladie. L'Ordre désigne alors un confrère - le contrôleur - pour accompagner l'avocat débiteur, et travaille étroitement avec le mandataire judiciaire désigné par le TGI.


Des raisons multiples

D'un point de vue comptable, le barreau de Lille compte 11 procédures collectives ouvertes pour 1000 avocats, celui de Lyon 12 procédures et 12 cabinets qui sont en cessation de paiement pour 2500 avocats, "celui de Paris devait compter 230 dossiers" selon Didier Richard, contrôleur du barreau de Lille. Ces chiffres sont en croissance exponentielle. Ce sont essentiellement des cabinets individuels, qui ont entre 15 et 30 ans d'activité. Des raisons émergent : une erreur de casting avec des avocats passant du droit de la famille au droit du travail sans préparation. Mais aussi, une mauvaise séparation obligeant un avocat à s'installer seul avec une petite clientèle. Des soucis de santé ou des problèmes familiaux …

2010 : une hausse attendue de dépôts de bilan

Les contrôleurs de Lille et de Lyon sont pessimistes sur la situation. Selon Maître Joly : "Le nombre de cabinets en dépôt de bilan devrait encore s'accroître en 2010. Nous avons un premier indicateur, le bâtonnier lui-même, qui reçoit de plus en plus de confrères en difficultés. L'évolution du marché pèse aussi sur la situation : beaucoup de clients transigent avec l'administration fiscale, réduisant le nombre de procès" précise Maître Joly. Et depuis 2008, les impôts tout comme la CNBF profitent de la loi pour faire le ménage parmi leurs débiteurs. Mais cette loi du 26 juillet 2005, entrée en vigueur le 1er janvier 2006, est aux yeux de tous utile. Elle met en place un dispositif législatif permettant enfin aux avocats de disposer du même régime que les autres entreprises, en terme de procédure de redressement judiciaire anticipée, dite de "sauvegarde". Et l'ordonnance du 18 décembre 2008 permet de céder la clientèle dans ce type de situation. Pour tous les avocats passés par cette procédure, c'est un vrai soulagement : les lettres recommandées en A/R, les huissiers …. c'est terminé. Pour Didier Richard, "la loi a permis de sauver des confrères de situations économiques dramatiques. Le cabinet d'avocat est enfin aux yeux de la loi considéré comme une entreprise, avec ses contraintes de gestion et de rentabilité"..

100% de réussite

L'essentiel des dépôts de bilan s'oriente vers un redressement judiciaire. Comme à Lyon, "nous enregistrons à Lille 100% de réussite des plans : à l'issue d'une période d'observation de 6 à 18 mois, tous les avocats ont réussi à mettre en place un plan de redressement, leur permettant de rembourser leurs dettes au maximum sur 10 ans et de continuer leurs activités. C'est une vraie satisfaction", témoigne Didier Richard. Encore faut-il qu'ils ne fassent pas l'objet d'une longue maladie ou d'une sanction disciplinaire, ne leur permettant pas d'exercer. La réussite de ces plans témoigne de l'attachement à la profession comme le souligne le mandataire judiciaire Maître Martin : "Certains auraient pu rentrer dans un gros cabinet comme salarié ou devenir juriste d'entreprise. Mais la plupart d'entre eux préfèrent diminuer leur revenu plutôt que quitter leur cabinet". Quelles solutions pour freiner le nombre de dépôts de bilan ? Pour le bâtonnier de Lille, René Despieghelaere, le regroupement de cabinets, une meilleure formation continue sur la gestion de cabinet, le travail en amont des commissions de prévention des Ordres sont autant de pistes à exploiter.




Réactions des lecteurs
· Me GRASSET le lundi 8 février 2010 - 12h56
Sauve qui peut
Malheureusement, la situation est loin de s'améliorer.
Trop content de se faire payer les honoraires, les délais de règlement sont de plus en plus longs. en revanche, chaque mois les charges tombent.
Pour nous libéraux, pas de cadeau; La TP est toujours appelée sur des honoraires TTC (taxe sur taxe). La TVA pour les particuliers est toujours à 19,6%; les restaurateurs l'ont eu à 5,5%.
Les charges sociales augmentent sans cesse.
Les gros cabinets sont en position de monopole, et lâchent les collaborateurs au gré des circonstances économiques.
Pourquoi, ne pas nous instaurer une franchise en base de charges sociales?
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· Me FLECHER le lundi 8 février 2010 - 13h17
Chronique d'une mort annoncée des "petits cabinets"
La mort des petits cabinets d'avocats, en fait de ceux qui tentent de vivre de leurs seules ressources professionnelles, sans capitaux extérieurs ni soutiens de groupes, semble inéluctable pour beaucoup, tant il est vrai que la paupérisation des justiciables "de base" s'accentue chaque jour davantage alors que les charges d'exploitation augmentent jusqu'à devenir insupportables. Il est urgent que les pouvoirs publics prennent conscience de cette situation, à une époque où cette profession devient une espèce de refuge provisoire pour des milliers de diplômés ne trouvant pas d'emploi, ce qui entraîne quelquefois des dérives, souvent des dumpings, toujours des désillusions.
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· Mme SLADEK le mardi 9 février 2010 - 11h46
et pour couronner le tout...la carte judiciaire
Si les cabinets souffrent tous actuellement, que dire de ceux qui subissent en plus la réforme de la carte judiciaire.Je sais bien que celà ne concerne que 500 avocats(!!!) mais les pouvoirs publics pourrait se poser la question du maintien de cette réforme,compte tenu de la crise, du moins en ce qui concerne les TGI.
Outre les charges qui ne cessent d'augmenter, et les recettes qui ont du mal à rentrer, se pose pour les cabinets concernés la perte annoncée de la clientèle dite institutionnelle soit chiffrée par la 1ère Présidente de la Cour d'Angers à 40 o/o du chiffre d'affaire...alors si des dépots de bilan s'ensuivent il ne faudra pas s'en étonner avec leur cortège de chômeurs supplémentaires,car ces cabinets ont aussi des salariés pour le cas où on l'aurait oublié!
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· Me CHARBOIS le mardi 9 février 2010 - 12h39
disparition des petits cabinets

je constate que je ne suis pas la seule à vivre cette
charge de micro cabinet et je partage totalement à ce titre mon confrère FLECHER.

Les très petits cabinets n'ont pas seulement le problème des charges sociales et fiscales mais l'impossibilité de se faire payer par des clients eux mêmes en grande difficultés (petits commerçants, personnes en invalidités, parents seuls) et nos charges qui tombent entre autres celles du barreau très lourdes
et de L'URSSAFF alors même que la maladie,'linvalidité ne sont pas pris en charge par elle mais par notre institution RSI. les quelques honoraires reçus sont au prix d'une bataille "pénible" et ils ressortent pour nos institutions. Nous en sommes à gagner à peine le RMI
l'intégration dans plus grands ou moyens cabinet. L'on ne s'intéresse pas petits cabinets en dépit des compétences.(dossiers médiatique, lourd)ai toujours souhaité intégrer un cabinet si peu de relations ou clientele minimale.merci à ceux qui m'accepteront

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