Trente nouvelles spécialisations pour les avocats
Noter cet article
12/03/2010

Trente nouvelles spécialisations pour les avocats

Fin de la concertation : après un tour des barreaux français, le projet de réforme du régime des spécialisations des avocats sera examiné samedi par l'assemblée générale du Conseil National des Barreaux. Parmi les nouveautés : trente nouvelles spécialités se substituent aux quinze existantes. Le point avec Jean-François Leca, président de la Commission Formation du CNB.
(2)
"Globalement, le projet a été bien accueilli", se réjouit Jean-François Leca, à la tête de la Commission Formation du CNB, en charge de réformer le régime des spécialisations des avocats. "C'est qu'il avait son intérêt", précise-t-il. Plusieurs en réalité, très attendus : celui de clarifier l'information sur les activités des avocats "peu compréhensible pour le public", d'actualiser une liste de spécialités considérée "obsolète" et de sensibiliser à nouveau la profession à l'examen de spécialité "souvent boudée". Aussi : de mettre fin à l'exercice couru de l'auto-proclamation de spécialités. Bref, "il devenait urgent de faire cesser la confusion", pour une valorisation de la spécialisation comme une plus-value au sein d'une carrière.

Les manœuvres de modernisation du régime des spécialisations ont ainsi été entamées en 2008 avec un premier projet en avril, écarté puis affiné, pour un second rapport déposé en décembre 2009 sur les bureaux des barreaux, pour concertation. "Cette phase s'est terminée la semaine dernière". Et le projet, accommodé d'"aménagements minimes", attend désormais son examen, par l'assemblée générale du CNB, samedi matin.

Pas plus de deux mentions

"Concernant la liste des spécialisations proprement dite, ce fut avant tout une question de vocabulaire, une affaire d'intitulés", présente Jean-François Leca. "La mention la plus discutée fut celle du droit de l'union européenne, car il est estimé transversal, donc inhérent à plusieurs matières. Nous l'avons maintenu". A noter d'emblée que la liste des spécialisations est fixée par la Garde des Sceaux sur proposition du CNB et qu'elle peut être révisée à tout moment.

Quinze spécialités, regroupant soixante champs de compétence, sont aujourd'hui valides. Si le projet est entériné, elles disparaîtront à la faveur de trente nouvelles rubriques (à voir ici). "Nous avons souhaité supprimer la distinction mal comprise entre spécialité et champ de compétence", prévient le président de la Commission Formation. "Les sous-rubriques envisagées dans un premier temps ont été finalement abandonnées". Néanmoins, il sera possible d'ajouter à la spécialisation "une mention spécifique sous réserve de l'agrément préalable du Conseil National des Barreaux". Les avocats devront se limiter à deux spécialisations (trois jusqu'à présent). Aussi, celui qui dispose actuellement de trois mentions de spécialisation pourra les conserver à condition qu'elles figurent parmi les nouvelles rubriques et qu'il justifie du volume horaire de formation continue correspondant. Soit, un minimum de 40 heures par an, dont dix dans chaque spécialité et dix en-dehors des spécialités.

La formation continue obligatoire est doublée

L'avocat qui n'entretiendra pas ses connaissances dans sa ou ses spécialités pourra en perdre le bénéfice, assure Jean-François Leca. Le projet prévoit par ailleurs que la formation continue obligatoire soit doublée, passant de 10 heures par an ou 20 heures sur deux ans par spécialité et au moins 10 heures par an en-dehors de la spécialité. En clair, 30 heures de formation continue annuelle pour ceux titulaires de deux mentions. Le bâtonnier sera chargé de contrôler l'application de cette mesure.
La mention de spécialisation aura pour effet de labéliser la profession : "il sera expressément interdit à tout avocat non titulaire d'un certificat, d'utiliser, dans toute publicité fonctionnelle, les dénominations des spécialisations". 

Plus d'examen écrit pour obtenir sa spécialisation

"Nous avons souhaité proscrire l'examen écrit tant décrié", poursuit Jean-François Leca. La Commission pose en effet comme condition de recevabilité du dossier de candidature quatre années de pratique professionnelle sans distinction de modes d'exercice (titulaire de cabinet individuel ou associé, collaborateur, salarié) et sans plus d'épreuve écrite,

En revanche, le jury examinera le dossier du candidat qui devra motiver par oral ses prétentions et avancer 400 euros en droits d'inscription. La liste du jury, composé de deux avocats dont l'un président de l'autorité, d'un universitaire et d'un magistrat, sera établie par le CNB. Les candidatures seront aussi à adresser au CNB. Bref, la maîtrise du régime des spécialisations reviendra à l'entité.
Réactions des lecteurs
· Me DEALBERTI le vendredi 12 mars 2010 - 20h08
Le Président de la FNCM face à la mention de spécialis
La mention "droit de l'arbitrage et de la médiation" risque de poser un problème de lisibilité: l'arbitrage est un véritable jugement, la médiation c'est un tiers neutre qui facilite la prise d'une décision par les médiés. Le monde de la médiation qui compte de très nombreux non avocats, ne comprendra pas et risque de s'emparer de cette confusion pour reprendre leur refrain habituel d'exclure les avocats de la médiation et de ruiner quatre ans d'efforts de la FNCM pour contrôler le mouvement de la médiation française
Haut de page
· Me MIESCH le mercredi 31 mars 2010 - 15h18
REFONTE DU REGIME DES SPECIALISATIONS
La spécialisation ou champ de compétence "Droit bancaire et financier" avait le mérite de la clarté.

Or, dans le projet, ces notions étroitement connexes sont totalement déconnectées, et amalgament par ailleurs le droit financier et boursier dont le cumul au plan pratique est à l'origine de tous les maux que nous connaissons depuis 2007 en raison de la confusion des professions concernées.

Je considère que l'ancienne acception répondait aux besoins, et que le droit boursier, même si on en retrouve des traces dans le Code Monétaire et Financier, est loin d'avoir atteint sa maturité.

Apparement l'AMF en a conscience.

Une réflexion plus approfiondie serait à mon avis appropriée.
Haut de page
Réagir à cet article
Auteur *
Titre du billet
Commentaire *
 
* Champs obligatoires
Le contenu du site actuel-avocat.fr est réservé à ses abonnés ainsi qu’aux bénéficiaires d’un essai gratuit.
Si vous disposez de codes d’accès, insérez-les dans la zone "Identification" en haut à droite.
Sinon, cliquez sur un article puis suivez les instructions.
 
actuEL-avocat.fr
actuEL-avocat.fr est le journal d’information professionnelle en ligne des Éditions Législatives destiné à l’avocat : associé, collaborateur, libéral ou salarié, stagiaire, et ce quelle que soit sa spécialité. Il traite au quotidien des grandes évolutions du droit, de l'organisation judiciaire, de la déontologie, de la gestion, du management et de la comptabilité du cabinet ainsi que de l'actualité de la profession.
© Photo d’en-tête : Hervé de Mestier
La collection des actuEL
actuEL-avocat.fr fait partie de la collection des actuEL, « les journaux en ligne pour vous faire gagner du temps ». Pour en savoir plus sur la collection des actuEL, rendez-vous sur le site www.lesactuels.fr ou directement sur www.actuel-rh.fr, www.actuel-ce.fr, www.actuel-hse.fr et www.actuel-expert-comptable.fr.

actuEL est une marque déposée des Éditions Législatives. Editeur juridique des dictionnaires, cd, net et logiciels permanents