Jeunes avocats parisiens : des débuts de plus en plus difficiles
L'Ecole de formation des barreaux (de Paris) a réalisé un sondage auprès de ses anciens elèves, ayant quitté l'école en octobre 2009. Si 70 % d'entre eux exercent aujourd'hui la profession d'avocat, la majorité perçoit une rémunération inférieure au tarif recommandé par l'Union des Jeunes Avocats, fixé à 3 340 € HT.
70 % des élèves interrogés ont indiqué qu'ils avaient trouvé un travail en tant qu'avocat, soit 747 élèves. Toutefois, en parallèle, le barreau de Paris a relevé seulement 400 prestations de serment en janvier 2010. Une différence qui "s'explique par le fait que beaucoup de jeunes avocats préfèrent différer le moment de leur prestation de serment, notamment pour des raisons fiscales", observe le directeur de l'Ecole de formation des barreaux (EFB), Gérard Nicolaÿ.
"Je suis agréablement surpris par ces résultats", poursuit-il. "Aujourd'hui, 80 % des anciens élèves ont un travail, dont 70 % dans un cabinet d'avocats. C'est un très bon résultat compte tenu de la crise".
Le directeur pose cependant un bémol : "Il faudra voir ce que chacun sera devenu dans un an, car il semblerait que la plupart ait accepté le premier travail proposé, de peur de ne pas avoir d'autres propositions".
Rémunération en retrait
La majorité des anciens élèves qui exercent en qualité d'avocat perçoivent une rémunération inférieure au tarif recommandé par l'Union des jeunes avocats, fixé à 3 340 € HT pour la première année. "La rémunération est en net retrait par rapport à celle des promotions précédentes" constate Gérard Nicolaÿ. "Le dernier sondage, réalisé il y a deux ans, concernait les élèves de la promotion Christine Lagarde, sortie de l'école en 2007. 80 % des élèves étaient devenus avocats et la majorité d'entre eux percevait une rémunération supérieure au tarif UJA".
Et la province ?
Gérard Nicolaÿ, qui est également président de l'Association des Ecoles d'Avocats (EDA) considère qu'un tel sondage, réalisé en province, donnerait de meilleurs résultats en ce qui concerne le nombre d'élèves devenus avocats. Un autre problème se pose. "Certains barreaux de taille moyenne manquent d'avocats. Nous relayons l'information auprès de nos élèves, mais ils sont en général réticents à partir en province".
Dans le cadre de son enquête, l'EFB a recontacté les 1377 élèves de la promotion "Abdou Diouf", qui ont quitté l'établissement, en octobre, CAPA en poche. Parmi les sources de satisfaction, les trois quarts de ces anciens élèves ont répondu aux questions. "Les résultats de ce sondage sont donc très significatifs", a estimé Gérard Nicolaÿ.